Jasmin

J’aurai aimé redire l’absence
D’un état secondaire au temps
J’aurai haï ignorer ta présence
Ébloui de ton passage miroitant.

J’aurai pensé voir au-delà
De la source infinie de ton rêve
J’aurai vu acheter celui qui appela
Du mot immortel, un chant s’élève.

J’aurai voulu renverser la vapeur
Du doux matin froid et ridicule
J’aurai rêvé prendre le dessus de ma peur
Du temps qui jamais ne recule.

J’aurai dû refaire mon courage
Du quotidien aux ailes délabrées
J’aurai pu accepter enfin le mirage
De ce court instant, heureux mais sabré.

Cinq

Cinq ans bientôt, vite toujours
Et parfois lent, à oublier
Que sera fait de nous liés
Sans équivoque vit le jour

Pour le meilleur et pour le pire
Le beau fut là, pire non omis
Y survécûmes, comme promis
Mais le meilleur reste à venir

Tout se sent comme au jour premier
Et mieux encore, on évolue
Aucun regret du dévolu
Du vœu encor’ renouvelé

Mots semblant ne rien vouloir dire
C’est l’habitude, n’ai pas changé
Tu comprends tout sans déranger
Les mots n’en auront rien à fuir

À cette perle du doux jardin

À cette perle du doux jardin
Ce coquillage en plein matin
Un rubis éclatant en sanglots
Des écailles ils en ont plein le dos

Baguée comme une hirondelle
S’échappant de mimi sans collier
La parure qui parût telle
Qu’elle en sortait du joaillier

D’un or massif mais si léger
Au diamant gracieux scintillant
Lune opaline, ciel accueillant
Péridot [(Mg,Fe)­2SiO4] pouvant protéger

. . .

Dans le jardin pousse un glaïeul
Qui dicte sa fidélité
Aux feuilles l’or de tilleul
Qui ne voir Mars qu’en plein été.

Pétale

La rose fleur autant chérie
De cet étrange malhabile
Aimée en nulle mélancolie
Taisant sa verve volubile

La rose fleur apprivoisée
De retour de sa besogne aboutie
Elle s’en fut si fatiguée
S’étendre jusqu’au fond du lit

La rose fleur si délicate
Étendue sur l’oreiller délicieux
Elle devint plus écarlate
Elle monta aux septièmes cieux

La rose fleur colorée
Ne lui échappe rien jamais
Et toute en main sa destinée
Sans gène aboutir au fait

La rose fleur que j’ai cueillie
Si près et pourtant si loin
Tous ses pétales jamais enfuis
Avec moi je les garderai bien.

VQ

Il en vint quatre sauts pour tomber sur ses mains
Assise au bord de l’eau un chat sur ses genoux
Ronronnant à qui mieux sans soucier de demain
Et elle a plus encore à en dire que nous.

Vin qu’à trembler encore après tout l’avoir bu
D’un rouge des plus sombres qui coule ici-bas
À la pleine mesure qui n’a disparu
N’espérant ne voir celui qui la joie rabat.

Grave Inca triste ou non caché sur l’ornement
D’une banalité si gratuite, sans but
Tout autour vit celui qui tente apparemment
De chérir sans fléchir sa belle du début

Vingt-quatre caché trois fois dans des mots falots
Même si sens invisible reste à trouver
Celui qui chaque jour n’oublie point d’«Allo!»
Place tout en demain et t’aime sans compter

Aléatoire

Sûrement pas plus vite que le temps
Arrêté au moindre coup de vent
Changeant du chaos à l’infini
Attracteurs des nombres plutôt discongrus

Avons nous une suite, une logique
D’une action à l’autre, dont
Le but semble toujours échapper
Au gré de la fatalité

De la plèbe insensible qui vaque
Les flashs des gradins en sont exemple
Jamais rien ne peut prévoir
S’il y en aura un à côté

Pourquoi n’y aurait-il pas union
Défi commun à atteindre
Sans doute que le rassemblement
N’aura pas assez porté fruit.

Il est dit que demain

Il est dit que demain, dans l’idée de l’amour,
Quelque chose de nouveau d’aujourd’hui on aura;
Moi je dis de demain, peu importe le jour,
Il n’est rien de nouveau qu’aujourd’hui je n’aie pas.

C’est à chaque minute, et à chaque seconde
Que le vent me rappelle ce qu’il veut m’offrir,
Mais moi d’un cri jailli d’une inspiration profonde
Je dis tout dans cela n’est que matière à rire.

D’un élan plus soudain que du chat la folie,
D’un amour plus profond que le lointain rivage,
D’une passion ardente si plus que le feu,

Adorée dans mon cœur autant que dans mes yeux,
Chérie à la puissance des mots, des images,
Je te veux avec moi, tu es toute ma vie.

Moral

Je suis un sans idée
Raté mais provocant
Assis sur le sol
De ma faculté joyeuse

Ici m’est appris
La vertu du vice
La honte du mépris
La malice de l’incompris

Je ne peux que venir
Au plus profond des autres
Que la terre me salisse
En idée tout au moins

Cet absurde pensée
Que je ne peux saisir,
Que je ne peux crier,
Qui ne peut que mentir.

Tendance

Je voudrais de ce jour que tu me sois si chère
Que je ne puisse pas passer minute sans toi
Que je sois pour toi autant moins que l’hier
Qui ne vaut pas la peine d’en être ignoré.

Il n’est rien que puisse bouger cette idée
Avant tout cet amour qu’on ne peut définir
Cet amour vérité et qui n’est tant rien autre
Avancé d’ici-bas rendu là entre nous.

Cet accès si fragile qui devra durer
Enforci de volonté et de ce désir
Si promis entre nous une union sans un doute
Ceci peut signifier l’avenir et la route.

Jamais je n’aurai de cesse à t’aimer.