Mosak

La mosak au boutte
attisant les flammes
des danseurs
des buveurs
des solitaires
par les haut-parleurs
faisant sortir le
diable
au corps
de tous ces gens

Aucun ne pense à
demain
hier
Certains oublient
mettent de côté
n’y pensent plus
noient
tout pour un instant
Quelques-unes qu’on cale
avant le last-call
La mosak aidant à faire
passer
pisser
le tout

Plus fort
casse les oreilles
plus plus plus plus plus plus plus plus fort
Bang boum tsi que boum

Pis on n’entend pu rien
saouls
assaoulrdis.

Tentative d’usurpation de moi-même

D’où vient la crainte de l’usure
Passion des cœurs, passion dans l’infini
Façon facile de dure «We Are Us»
Eurent passion pour exprimer leur peine

L’idée futile que fit le singe
Dans sa continuité disgracieuse
Nous prit et fit sa tente
Active dans une expression profonde

Une généalogie montrant le lien
Entre l’usure et la passion
Fit de deux esses un thé, le manqua
Le blanc disparut, devint usurpation

Il tenta aussi bien que mal
De s’appliquer à autrui que néant
Mais ce fut tentative vaine
Je restai ce que je suis toujours.

Plain text

Certain de vie passée
Appuyé au mur froid
Les couleurs surgissent
Tirées d’un journal
Jour frais du nal
Du jour présent
Dont on a pris mot
Pour voir surgir du néant
Images diverses
Sans lien direct
Mais cherchez un peu vous trouverez
y des trous de pareil
Semblable congruence
Venue de loin
Insaisissable mais
Inscrite sur le papier
C’est certain

Puis vient textuel
Sans joint
Ni lien
Différent

Langage

Un langage, qui, inscrit dans l’éternité
Absorbe bien des âmes et aime à parler
Un langage joyeux plein de mots très salés
Ponctué de non-sens, de ce qu’il a été.

Lors des événements où nous aimions rire
Nous pouvions entendre ce qu’il voulait nous dire
Il est certain, dès lors, que nous pouvions écrire
Les beaux mots provenant de ce langage, et fuir.

Et plus tard, la chandelle qui aimait vibrer
Sous les airs de musique pleins de liberté
Paroles de ma langue, comme en plein été
Nous pouvions nous entendre sans rien altérer.

Lorsqu’il est bien écrit, ce langage est le beau
Plein de folles idées, imbu de mots nouveaux
Il aime apprendre ainsi de ses coéquipiers
Sans pourtant par ceux-là se laisser submerger.

Révolution

Non.
Inutile d’insister, ça ne passe pas
D’aucun diront la raison immobile
Mais eux on pourra les dire imbéciles
Car c’est le début de la fin
Et l’arrivée du départ
L’intérêt du gain absolu, de la langue
Du sexe sans honte et sans limite
Venant épicer ta vie dont les résultats
Restent insaisissables

Le goût d’en finir, non pas de la vie
Mais de l’inutile
Les mesures de guerre contre
Ce qui ne sert
Un régime absolu, un test de conscience
La fin du monde n’est pas
Ce que l’on pense et permet l’éveil
De la révolution
Vers le mieux
Utile ou au moins intéressant
Le non-ridicule
Le drôle, vraiment.

Le flegmatique

Laissant aller le feu qui les fait m’attaquer
J’avance dans la vie sans trop me soucier
Devant bien des fait où ils ont eu les bras sciés
Je passe et à mes occupations vais vaquer.

Suis-je insensible à tout, tellement sans pitié
Suis-je un monstre sans cœur qui ne fait que passer
Je crois que dans ma vie j’en ai vu assez
Pour ne pas réagir plus que si vous n’étiez.

Il en faut beaucoup plus pour me scandaliser
Ce n’est pas que par rien je puis être affecté
Mais j’aime mieux garder mon sang-froid qu’infecté
D’une peur et les faits ne pas réaliser.

Ainsi dans plusieurs cas je pourrai aider
À régler le tout avec efficacité
Il faut, comme dit celui que je vais citer
«Rester calme sans à la panique céder.»

Bis!… Bis!…

Quoi?
Quossé ki veulent?
Comment ça, encore?
C’est pas assez?!?

J’arriverai maintenant, un jour
Canne à la main
Cheveux blancs
Vieux.

Je dirai ma dernière farce
Je sortirai un dernier mot
J’écrirai un dernier vers
Je boirai un dernier verre.

Puis je lancinerai
Vers la sortie, fini
Et tout ce qu’on trouvera
À me dire pour mon repos c’est

Bis!… Bis!…

Swiledlidlum

Swiledlidlum, sans cesse
Crié par les toits, hurlé
Les oreilles (dé)bouchées par
Les bruits insoutenables

Un gros transport ailé
Survient vrombissant, crachant Swiledlidlum
Traits à la craie au ciel
Vent disperse après le temps

Distributeur sombre
Swiledlidlum s’échappant
D’un tuyau, même chose, mais -pement
Étouffe l’air qui ne respire plus

Maritime noirceur
Collante, les plumes engluées
D’un volatile s’étant aventuré
dans le Swiledlidlum

Qu’on le nomme pollution, smog
Détriments d’hydrocarbures
Il reste Swiledlidlum
L’herbe verte n’en prend

Chauffard

C’est un fait qui nous poursuit
Assommant les autres qu’il observe
Sur sa route fleurie de macadam
Sans rien, vide de tout obstacle

Que dire en le rencontrant
Sinon, onomatopée de douleur
Ensuite, nous écroulant
Disparais de son chemin, andouille

Quelle est la faute de qui
Se retrouve étendu sur son gourdin
Parfois, sans vie, ou même mort
C’est un fait qu’il est le plus fort

Voyons, à quoi donc penser
Mort, étendu sur la chaussée
Lui, continue son chemin
Où arrêt il n’y a point

Je l’sais-tu, moi?

Quelle importance vous faut-il
Pour comprendre ceci, cela
Sans qu’on vous torde le bras
Apprenez donc avant mille ans

Il y a ici bien des choses qui rampent
Dans vos têtes vides ou pleines de vide
De gros visqueux sans queue ni tête
Le doute de la confiance bannie

Qu’y a-t-il pour votre service
Pour ouvrir votre tête aux idées
Nouvelles ou anciennes qui entrent
Sortent aussitôt de l’autre côté

Race de pauvres diables nus
Pauvres diables nus et laids
Ou rien n’entre, d’où rien ne sort
Où règne le néant le plus profond

Comment pourrais-je, moi, vous aider
Quand le vieux debout n’y peut rien
Il ne s’agit que d’écouter
Mais d’oreilles vous n’avez point.